- C'est impossible, Zésim, à quoi pensez-vous?

- Je ne vois pas d'autres moyens de salut que la fuite et un mariage secret.

- Oh! Zésim! A quoi me servira la bénédiction du prêtre, si la malédiction de mes parents pèse sur moi?

- Ce ne sont que des mots, Anitta; on connaît votre caractère d'enfant et l'on cherche à vous effrayer.

- Non, Zésim, non, je ne puis pas, ne me condamnez pas. Je vous aime plus que tout; mais après vous, j'aime et je respecte mes parents. Je ne peux pas les affliger, non, je ne le peux pas.

- Vous manquez de courage; tout ce qui est contre l'usage vous fait peur, répliqua Zésim. Pour l'amour de Dieu, fermez donc les yeux et abandonnez-vous à ma conduite.

- Non, je ne peux pas être si égoïste!

- Oh! justement, l'amour désintéressé et dévoué consiste à s'arracher à tout ce qui vous est cher pour suivre le bien-aimé!

- Non, Zésim, c'est de l'égoïsme de ne songer qu'à son propre bonheur et de sacrifier celui des autres.

- Anitta, vous ne voulez pas partir parce que vous ne m'aimez pas.