- Je suis heureuse de voir que vous vous plaisez chez nous."

Anitta ne disait pas un mot. Elle se tenait près de sa mère, immobile comme une morte; ses yeux sombres regardaient dans le vide, fixes comme des yeux sans vie.

Il s'écoula un assez long temps avant que la société fût complète. Pendant la polonaise que Soltyk conduisit avec la maîtresse de la maison, il arriva encore quelques invités en retard. Dragomira s'arrêta en outre dans la garde robe, où Henryka l'attendait. Elle entra dans la grande salle après la fin de la première valse. Elle était tout en blanc: robe de soie blanche garnie de dentelles blanches, et parure de grosses perles. A peine Soltyk l'eut-il aperçue qu'il reconduisit la danseuse à sa place et se dirigea vers Dragomira.

"Toilette symbolique, dit-il avec un amer sourire. Glace et neige!

- Et larmes, ajouta-t-elle, en faisant glisser entre ses doigts les perles qui entouraient son beau bras.

- Puis-je vous demander la faveur d'un tour?

- Je vous remercie, je ne danse pas.

- Pas même une française?

- Une seulement… en costume. Je ne pouvais pas m'en dispenser; mais pour celle-là, je suis engagée d'avance.

- Alors vous êtes dans la surprise qui nous attend.