- Et si je vous aime, qu'arrivera-t-il ensuite?

- Ensuite?… Vous le saurez toujours à temps."

On dansa toute la nuit jusqu'au matin. Cependant la tempête s'était calmée, et des milliers de paysans commencèrent immédiatement à creuser des tranchées dans la neige et à déblayer la route. Le soleil rougissait déjà les cimes couvertes de neige des peupliers qui entouraient le château de Romschin, lorsqu'on alla se reposer au milieu d'une nuit artificielle obtenue à l'aide de sombres rideaux et d'épaisses tapisseries. Quant aux jeunes gens, comme le leur avait annoncé Monkony, ils couchèrent dans la salle à manger, sur la paille.

V

LE PURGATOIRE

"Disciplines, veilles, jeûnes, voilà mes armes contre l'enfer."
RICHENDORFF.

On s'éveilla à midi, par un beau soleil. Quad le maréchal du palais, suivi de nombreux domestiques armés de grands balais, eut expulsé les jeunes gens de la salle à manger, la paille fut balayée et la table rapidement mise. Peu à peu, toute la société en belle humeur se trouva réunie pour le déjeuner. Dragomira seule manquait. Elle ne se sentait pas à son aise, comme l'annonça Henryka, et désirait se reposer encore. Pour ne déranger personne, Henryka offrit de rester auprès de Dragomira, ce à quoi ses parents consentirent. Après le déjeuner, le cortège des traîneaux revint à Kiew dans l'ordre de la veille.

Henryka et Dragomira restèrent seules à Romschin, comme elles l'avaient prémédité.

Quand Henryka s'approcha du lit de Dragomira pour lui annoncer le départ des autres, Dragomira se mit à sourire.

"Ils se sont donc réellement laissé tromper, dit-elle.