"Depuis quelque temps, on observe chacun de vos pas, dit-il, je ne suis venu que vous en avertit.

- Qui est-ce qui m'observe? demanda Dragomira, la police?

- Non. On a vu à plusieurs reprises dans le voisinage de votre maison et devant celle de Sergitsch un juif qui nos est connu comme agent des jésuites.

- Le P. Glinski est là-dessous.

- Très probablement. Je ne puis que vous conseiller de rester quelque temps sans venir dans ce cabaret et sans recevoir la juive chez vous.

- Vous avez raison. Je vous remercie."

Quand Dragomira fut sortie du cabaret pour retourner chez Sergitsch, elle entendit tout à coup des pas lourds derrière elle. Elle s'arrêta, et, lorsqu'elle eut reconnu le paysan ivre, voulut continuer son chemin. Mais une main se posa brusquement sur son bras, et deux yeux sombres et interrogateurs la regardèrent en plein visage.

"Dragomira!" dit une voix connue.

La courageuse et fière jeune fille reprit immédiatement possession d'elle-même.

"C'est vous? dit-elle d'une voix calme; dans quelle intention me poursuivez-vous sous cet accoutrement?