- Pas du tout, s'écria Soltyk, tu m'as outragé et tu es entre mes mains.
- Alors, tue-moi, je suis prêt.
- Je ne te tuerai point, répondit Soltyk, et comme d'ailleurs je ne saurais que faire d'une vie inutile comme la tienne, j'en fais cadeau à Mlle Maloutine.
- Voilà une nouvelle plaisanterie! Je ne suis pourtant pas un esclave qu'on achète et qu'on vend selon son bon plaisir, répondit Tarajewitsch avec hauteur.
- Tu es libre, répondit Soltyk en souriant, seulement ta vie appartient à Dragomira, elle en disposera. Attends ses ordres."
Il salua les dames et sortit de la maison. Tarajewitsch resta seul avec les deux jeunes filles.
"Alors, que décidez-vous? dit-il en baissant déjà passablement le ton.
- Je vous laisse le choix, répondit Dragomira; voulez-vous désormais m'obéir aveuglément, sans réserve et sans protestation, ou préférez-vous mourir?"
Elle tira un poignard et s'approcha de Tarajewitsch.
"J'obéirai, dit-il d'une voix mal assurée, considérez-moi absolument comme votre esclave.