- Je vus remercie.
- Ne me remerciez pas, je ne vous ai rien promis."
Elle sortit d'un pas de souveraine, impassible, avec une froide majesté, le laissant en proie à un morne désespoir. Quelques instants après, le fouet du comte retentissait dehors et les deux traîneaux s'éloignaient.
"Vous êtes confié à ma garde, dit Henryka à Tarajewitsch, et je réponds de vous. Soyez bien convaincu que vous n'avez ici aucun secours à attendre et qu'on vous tuera si vous essayez de fuir."
Tarajewitsch alla presque machinalement à la fenêtre et vit dans la cour deux hommes armés de fusils.
"Alors, voulez-vous m'obéir? dit Henryka, le pistolet toujours à la main.
- Oui.
- Venez donc."
Tarajewitsch ôta sa pelisse. Henryka le fit passer par plusieurs chambres et le conduisit dans la salle où se trouvait la trappe. Elle lui ordonna de l'ouvrir et lui fit descendre les marches de l'escalier qui aboutissait au caveau où elle avait elle-même tremblé, pleuré et prié. Elle frappa à la paroi. Celle-ci s'ouvrit et on aperçut un deuxième caveau plus étroit et plus sombre que le premier. Il s'y trouvait deux grandes jeunes filles à la taille élancée, en costume de paysannes, avec des bottes de maroquin rouge et de longues pelisses en peau de mouton ornées de broderies de couleur. Elles attendaient la nouvelle victime et l'examinèrent avec des yeux calmes et indifférents.
"Attachez-le, ordonna Henryka.