"Veux-tu venir?

- Oui.

- Alors, à dix heures, ce soir, trouve-toi dans le rue."

Elle lui nomma la rue et lui décrivit la maison.

"Une personne de confiance sera là et te conduira auprès de moi.

- Pardonne-moi," dit Zésim d'une voix suppliante en se relevant pour serrer Dragomira sur sa poitrine. Elle souriait, au milieu de ses baisers, avec la charmante pudeur d'une fiancée.

Quand Zésim fut parti, elle envoya Barichar chez la juive. Bassi vint en prenant toutes les précautions nécessaires, et Dragomira s'enferma avec elle dans sa chambre.

"Cette nuit, dit Dragomira, il faut s'emparer de Jadewski, le jeune officier que tu connais, et le mettre pour quelque temps hors d'état de nous nuire.

- S'il n'y a pas de sang à verser, vous pouvez vous en remettre à moi, répondit la juive.

- Je t'attendrai. Tu seras dans la rue et tu me l'amèneras. Il faut que tes gens soient à leur poste une heure avant et se cachent dans la maison même. Il ôtera son épée. Pendant qu'il m'embrassera, je lui jetterai le lacet autour du cou. On le portera dans le caveau souterrain, et on l'y retiendra prisonnier, jusqu'à ce que vienne moi-même le délivrer. Mais dis bien à tous qu'on ne doit ni le blesser ni le maltraiter.