- Je suis prête, dit Anitta.

- Eh bien, en route, dit Zésim, nous n'avons pas temps à perdre."

Il aida Anitta à remettre sa pelisse, la précéda en descendant l'escalier, et lui donna la main pour monter dans le traîneau qui attendait. Pour prévenir toute trahison, il congédia le cocher et ordonna à Tarass de prendre sa place.

"Où? demanda le Cosaque d'un clignement d'yeux.

- D'abord à la police."

Le traîneau se mit en marche. Tarass prit en apparence la direction du bâtiment de la police; mais une fois dans la rue voisine, il fit un détour, et partit au galop pour Kasinka Mala par la route qui passe à Chomtschin.

Zésim et Anitta, appuyés l'un contre l'autre, étaient silencieux et immobiles, comme dans un rêve. Ils avaient tant à se dire! et ils ne trouvaient aucune parole.

Zésim tenait la main d'Anitta dans la sienne; il sentait sa tiède haleine. La bien-aimée était près de lui; cela lui suffisait pour être absolument heureux.

Il faisait encore nuit quand ils arrivèrent à Kasinka.

La maison qui appartenait à Kachna Beskorod, la nourrice de Zésim, semblait faite exprès pour cacher un secret. Située à l'entrée du village, à l'écart de la toute, elle était isolée au milieu d'un grand verger enclos d'une haute haie.