Il fit un signe: Karow et Tabisch, ayant chacun un fouet à la main, descendirent dans le caveau.
Au bout d'une heure Karow revint annoncer qu'ils avaient tout fait, mais qu'il ne cédait pas.
L'Apôtre fronça les sourcils.
"C'est ce que nous allons voir," murmura-t-il.
Il descendit lui-même dans les régions souterraines de l'ancien château des Starostes, et ordonna d'amener le comte devant lui. On le conduisit tout enchaîné dans une salle voûtée, où une lampe suspendue au plafond et un bassin rempli de charbons allumés répandaient une lueur sinistre. L'Apôtre était assis sur une chaise adossée à la muraille; ses pieds reposaient sur une peau d'ours. A l'écart et dans l'ombre se tenaient ses aides, prêts à obéir au premier signe.
"Veux-tu persister dans ton arrogance? demanda-t-il au comte qui se tenait debout devant lui tout enchaîné, je suis ici à la place de Dieu; je suis ton seigneur et ton juge. Agenouille-toi et adore Dieu dans son prêtre."
Soltyk ne répondit rien.
"Tu ne veux pas?
- Non."
L'Apôtre fit un signe. Deux hommes saisirent Soltyk et l'étendirent sur une planche parsemée de pointes de fer et soutenue par de grands blocs de bois. Après avoir attaché aux pieds du malheureux condamné un poids d'un quintal, ils se mirent à l'allonger lentement sur la planche du martyre en le tirant par les mains qui étaient liées. Soltyk résista avec un orgueil diabolique à cet horrible supplice. Pas un mot, pas un son ne sortit de ses lèvres. Quand la torture eut duré assez longtemps, le prêtre donna l'ordre de laisser quelques instants de repos à la victime.