- Jusqu'à présent, je n'avais aucun motif d'en douter."

Le jésuite secoua la tête.

"Oui, voilà ce qu'on nous a écrit, mais c'est pour nous tromper. S'ils étaient partis pour Moscou et pour l'étranger, ils nous auraient raconté tout autre chose. Ah! j'ai bien peur, et j'ai de trop bonnes raisons d'avoir peur, que Dragomira n'ait entraîné le comte dans quelque repaire de cette bande d'assassins, et qu'on ne le tue après lui avoir fait souffrir d'horribles supplices."

Le vieillard se mit à pleurer.

"Je crois que vous voyez les choses trop en noir, dit Zésim pour le consoler.

- Oh! mon coeur me le dit, s'écria Glinski, il est perdu! Personne ne peut plus le sauver!"

Zésim tout ému allait et venait dans la chambre. Il s'arrêta devant
Glinski.

"Je dois vous avouer, dit-il, que je désirerais sauver Dragomira, car je l'ai aimée. Si vous voulez me promettre de l'épargner, je pourrai peut-être vous mettre sur la vraie piste.

- Je vous donne ma parole, je vous jure, s'écria Glinski, que je ne ferai rien contre votre volonté. Parlez donc, que savez-vous?

- Un jour, j'ai accompagné Dragomira à Myschkow. Elle eu dans l'ancien manoir un entretien avec un prêtre de sa secte. Peut-être existe-t-il dans cet endroit un repaire des Dispensateurs du ciel; peut-être est-ce là qu'on a conduit Soltyk.