"Vous êtes mon prisonnier!"

Puis elle s'enfuit, à travers les bosquets, dans les fourrés du parc.

"Prenez-moi, dit-elle, ou vous n'aurez jamais plus votre épée."

Zésim la poursuivit, et ce fut une joyeuse et charmante chasse à travers les broussailles et les branches, autour des vieux arbres moussus, par-dessus les plates-bandes et les gazons, jusqu'à ce que la robe d'Anitta s'accrochât aux épines d'un rosier.

Le jeune officier la rejoignit alors d'un bond et entoura d'un bras victorieux sa taille élégante.

Elle riait de tout son coeur, et, dans cet instant d'abandon, elle semblait encore plus jolie et plus séduisante, car en elle tout était noble et distingué; et, plus elle se laissait aller, plus se révélaient les charmes de son adorable nature.

Elle s'assit sur le banc le plus rapproché, et c'était un délicieux spectacle que de la voir reprendre haleine; ses petites mains tenaient toujours l'épée bien serrée et ses yeux d'enfant souriaient gaiement à Zésim.

"Vous ne m'auriez pas attrapée, dit-elle enfin, sans ce vilain rosier."

Il y avait à côté une petite prairie, dorée par les rayons du soleil, dans laquelle paissait un poney noir.

"Voilà mon Kutzig, dit la jeune fille. Papa me l'a acheté à des écuyers de cirque, parce que je l'avais pris en affection; il me suit comme un petit chien, et il sait faire de tours de toute espèce."