- Mais je ne veux pas frissonner d'horreur, s'écria Pikturno à voix haute, je veux être gai. Admettons que vous ayez raison, nous n'en devrions que nous efforcer davantage d'oublier et de chercher où on oublie. Dans les coupes écumantes et sur les lèvres rouges. Vive la joie! Trinquons!

- Non.

- A quoi voulez-vous donc trinquer?

- A celle qui nous apporte la délivrance er la liberté, dit Dragomira en levant son verre: "A la mort!"

- Folie!" dit Pikturno en posant son verre avec bruit sur la table, pendant que Dragomira vidait le sien lentement comme un calice consacré.

En ce moment, le cabaret fut envahi par une bande d'ouvriers de fabrique ivres, qui remplirent toute la salle de la fumée de leur mauvais tabac et de leur odeur d'eau-de-vie.

Dragomira tendit la main à Pikturno.

"Vous partez? lui dit-il.

- Oui, je n'aime pas cette sorte de compagnie.

- Alors, au revoir!"