- Oh! ce n'est pas une punition, dit galamment Zésim.
- Attendez un peu, je vais bientôt vous tourmenter, reprit Anitta; et elle le regarda, comme si elle voulait lui sauter au cou.
- Oui, mais le froid vient, et nous avons bien chaud, dit Livia.
- Eh bien! nous allons jouer dans la chambre."
Ils regagnaient tous ensemble la maison, quand vinrent à leur rencontre deux jeunes messieurs, Sessawine et Bellarew.
Ils appartenaient à des familles nobles, amies des Oginski. Le premier était grand, blond, avait une véritable crinière de lion et portait toute sa barbe. Le second avait un visage délicat, sans caractère, un regard fatigué, une chevelure foncée, avec une raie, une barbe bien soignée, taillée court et frisée. Il semblait avoir de la peine à traîner son corps d'apparence pourtant vigoureuse.
Les jeunes gens échangèrent leurs noms et quelques paroles de politesse, puis tous entrèrent dans le grand salon où était le piano. Un domestique tira les rideaux et apporta deux lampes qui donnaient une lueur suffisante, mais pas trop éclatante. On causa un peu, les jeunes gens firent la cour aux jeunes filles, les jeunes filles coquetèrent, et enfin on décida de jouer à quelque chose.
"Deviner au piano!" propose Henryka.
Le projet fut agréé. Livia s'assit devant le clavier te se mit à jouer.
"Qui est-ce qui va dehors le premier? demanda-t-elle.