—Pourquoi ne me prenez-vous pas pour cible? demanda en riant l'étranger.
Elle ne se le fit pas dire deux fois; mais lui, se dérobant à la grêle qui l'atteignait, vint saisir ses deux mains agressives. Warwara parut offensée.
—Si j'ai manqué au respect que je vous dois, dit-il en reculant d'un pas, punissez votre esclave.
Elle éclata de rire et le frappa au visage d'une de ses tresses qui s'était détachée.
—Les magnifiques cheveux! s'écria le jeune homme.
—Vous ne devez pas faire de ces remarques-là, monsieur... un homme marié...!
—J'ai cependant le droit de baiser la verge, dit-il.
Et avant qu'elle eût compris, il avait pressé la tresse blonde contre ses lèvres.
Rien n'irrite davantage un homme que de passer inaperçu aux yeux d'une femme qui en même temps reçoit et encourage les hommages d'un autre. Si Warwara avait eu l'intention d'ensorceler le baron, elle n'eût pu s'y prendre mieux.
Bromirski souffla quelques bouffées formidables de sa pipe turque, se leva, se promena de long en large, s'approchant de plus en plus de la table où les deux jeunes gens étaient assis, puis s'éloignant avec effroi. Enfin il se sentit assez maître de lui pour dire à Warwara: