»Pendant la nuit je m'éveillai en sursaut. La clarté de la lune tombait tout entière sur le visage pâle et pincé du petit Paul; il gisait les yeux grands ouverts, râlant déjà.
»—Papa, es-tu fâché? commença-t-il tout bas.
»—Pourquoi serais-je fâché?
»—Parce que je m'en vais, répondit Paul en cachant sa pauvre petite tête dans ma poitrine, comme faisait toujours Luba.
»—Et où vas-tu, mon chéri?
»—Je vais auprès de maman, répliqua Paul; tu devrais venir aussi.
»Il m'embrassa et s'endormit pour toujours.
»Tout m'avait donc abandonné. J'étais vaincu. Que m'importait désormais l'existence? Un soir, j'allai chez Salomon:
»—Adieu, lui dis-je, je retourne dans la montagne. Les ours et les loups sont plus cléments que les hommes.
»—Que Dieu vous protège, dit le vieillard, mais cette fois nous ne nous reverrons plus.