Madame Gondola se mit en colère. Depuis lors, il y eut entre ces deux femmes de violentes et continuelles discussions. Warwara fut vite à bout de patience.

—J'en ai assez, dit-elle brusquement un jour; je ne resterai pas une heure de plus dans ce taudis.

—Qu'est-ce qui t'arrête? répliqua la mère; je ne te retiens pas; seule, je vivrai plus tranquille!

Sans ajouter un mot, Warwara commença ses emballages. Après l'avoir laissée faire quelque temps, madame Gondola vint regarder la petite malle qu'elle avait traînée dans le vestibule.

—Tu ne pourras te présenter nulle part, murmura-t-elle; tu n'as pas de quoi te vêtir.

—J'ai ce qu'il me faut.

—Tu avais des robes, et tu me les cachais!

—Fallait-il les laisser prendre aux huissiers?

—Mais nous les aurions vendues! Comment! tu ne partages pas tout avec ta pauvre mère qui te nourrit? Voilà bien les enfants, sans tendresse, sans reconnaissance!..

—Écoute donc, maman! et d'abord laisse-moi rire. Je n'aurais rien du tout si je n'avais pas pris le soin de faire disparaître sous une planche du grenier deux de mes robes de soie et ton manteau de velours.