AVIS.—WILLIAM BENT PITMAN, si ses yeux tombent par hasard sur le présent avis, est informé qu'il pourra apprendre quelque chose d'avantageux pour lui, dimanche prochain, de deux heures à quatre heures de l'après-midi, sur le quai de départ des lignes de banlieue, à la Gare de Waterloo.
—Est-ce que vraiment c'est imprimé sur le journal? s'écria Pitman. Voyons! Bent? Cela doit être une faute d'impression. Quelque chose d'avantageux pour moi? Monsieur Finsbury, permettez-moi de vous demander une faveur! Je sais combien ce que je vais vous dire sonnera étrangement à vos oreilles; mais, voyez-vous, il y a des raisons d'ordre tout intime qui me font désirer que cette petite affaire reste absolument entre nous! Je voudrais beaucoup que mes enfants... Je vous assure, cher monsieur, qu'il n'y a, dans ce secret, rien de déshonorant pour moi: des raisons d'ordre intime, rien de plus! Et d'ailleurs j'achèverai de mettre votre conscience en repos quand je vous aurai dit que l'affaire en question est connue de notre ami commun, M. Michel, qui, la connaissant, n'a pas cru devoir me retirer sa précieuse estime!
—Un seul mot suffisait, monsieur Pitman! répondit Joseph avec une de ses révérences orientales.
Une demi-heure plus tard, le professeur de dessin trouva Michel dans son lit avec un livre; l'avoué offrait une parfaite image du repos et de la bonne humeur.
—Salut, Pitman, dit-il! en déposant son livre. Quel vent vous amène, à cette heure du jour? Vous devriez être à l'église, mon ami!
—Je ne suis guère en train d'aller à l'église aujourd'hui, monsieur Finsbury! répondit l'artiste. Une nouvelle catastrophe menace de fondre sur moi, monsieur!
Et il tendit à Michel l'annonce du journal.
—Quoi? Qu'est-ce que c'est que ça? s'écria Michel en sursautant dans son lit.
Puis, après avoir étudié l'annonce pendant un instant:
—Pitman, je me moque tout à fait du document que voici!