Le malheureux Maurice devint pâle comme un mort, et puis rougit jusqu'aux tempes, dans un soudain accès de fureur contre l'injustice monstrueuse de la destinée humaine.

—Que voulez-vous dire? s'écria-t-il. Je n'en crois pas un mot!

Et lorsque Michel l'eut assuré qu'il parlait sérieusement:

—En ce cas, s'écria-t-il en rougissant de nouveau, sachez que je refuse! Voilà! Vous pouvez mettre cela dans votre pipe, et le fumer!

—Oh! oh! fit aigrement Michel. Vous dites que votre oncle est dangereusement malade, et cependant vous ne voulez plus du compromis que vous m'avez vous-même proposé quand il était bien portant! Il y a quelque chose de louche, là-dessous!

—Qu'entendez-vous par là? hurla Maurice.

—Je veux dire simplement qu'il y a là-dessous quelque chose qui n'est pas clair! expliqua Michel.

—Oseriez-vous faire une insinuation à mon adresse? reprit Maurice, qui commençait à entrevoir la possibilité d'intimider son cousin.

—Une insinuation? répéta Michel. Oh! ne nous mettons pas à employer de grands mots comme celui-là! Non, Maurice, essayons plutôt de noyer notre querelle dans une bouteille, comme deux galants cousins! Les Deux galants cousins, comédie, parfois attribuée à Shakespeare! ajouta-t-il.

Le cerveau de Maurice travaillait comme un moulin. «Soupçonne-t-il vraiment quelque chose? Ou bien ne fait-il que parler au hasard? et que dois-je faire? Savonner, ou bien attaquer à fond? En somme, savonner vaut mieux: cela me fera toujours gagner du temps!»