«Allons! je suis perdu!» se dit-il. Et il se laissa tomber sur sa chaise.
—Bonjour, mademoiselle, dit, du rivage, une voix que Gédéon reconnut comme étant celle de son propriétaire.
—Bonjour, monsieur! répondit Julia. Mais je ne vous reconnais pas: qui êtes-vous? Oh! oui, je me rappelle! C'est vous qui m'avez permis, hier, de venir peindre à l'aquarelle, dans ce vieux pavillon!
Le cœur de Gédéon bondit d'épouvante.
—Mais oui, c'est moi! répondit l'homme. Et ce que je voulais vous dire à présent, c'est que je ne pouvais plus vous le permettre! Mon pavillon est loué!
—Loué? s'écria Julia.
—Loué pour un mois! reprit l'homme. Ça vous paraît drôle, hein? Je me demande ce que ce monsieur peut bien vouloir en faire?
—Quelle idée romantique! murmura Julia. C'est un monsieur? Comment est-il?
Ce dialogue entre le canot et le rivage avait lieu tout contre le pavillon: pas un mot n'en était perdu pour le jeune maëstro.
—C'est un homme à musique, répondit le propriétaire, ou tout au moins voilà ce qu'il m'a dit! Venu ici pour écrire un opéra!