Si vous buvez le vin clair,
Gros Frère Jean, mon ami —
Si je mange et si vous buvez,
Qui chantera la messe, dites-moi ?
Lawless, hélas ! qui roulait, ivre, errant dans la maison pour chercher un coin où cuver ses libations. Dick rageait intérieurement. L’espion d’abord effrayé, s’était rassuré en voyant qu’il n’avait affaire qu’à un ivrogne, et avec un mouvement d’une rapidité féline glissa hors de la chambre et disparut de la vue de Dick.
Que faire ? S’il perdait contact avec Lawless pour la nuit, il était également incapable de combiner un plan pour l’enlèvement de Joanna et de l’exécuter. Si, d’autre part, il se risquait à interpeller l’outlaw ivre, l’espion pouvait être encore à portée de voix, d’où les conséquences les plus funestes.
Dick se résolut à courir cette chance. Se dégageant de la tapisserie, il resta dans l’ouverture de la porte la main levée en signe d’avertissement. Lawless, la figure cramoisie, les yeux injectés vacillait sur ses jambes, s’avançait en titubant. Enfin son œil aperçut vaguement son chef, et malgré les signaux impérieux de Dick, le salua aussitôt à haute voix par son nom.
Dick sauta sur lui et secoua furieusement l’ivrogne.
— Brute ! siffla-t-il, et non homme ! C’est pis qu’une trahison d’être aussi stupide. Nous pouvons être tous perdus grâce à ta sottise.
Mais Lawless ne fit que rire et chancela en voulant frapper le jeune Shelton sur l’épaule.