— Mon père, dit Shelton. Non ! il voudrait que j’y aille ! Si Sir Daniel l’a tué, quand l’heure viendra, cette main tuera Sir Daniel, mais je n’abandonnerai ni lui, ni les siens dans le danger. Et, quant à mon serment, mon bon Jack, vous m’en délierez ici. Pour la vie de ces hommes qui ne vous ont pas fait de mal et pour mon honneur, vous me rendrez ma liberté.

— Moi, Dick ? Jamais ! répliqua Matcham. Si vous m’abandonnez, vous serez un parjure et je le proclamerai.

— Mon sang bout, dit Dick ; donnez-moi le grappin ! Donnez !

— Je ne veux pas, dit Matcham. Je vous sauverai malgré vous.

— Non ? cria Dick. Je vous y obligerai !

— Essayez ! dit l’autre.

Ils étaient debout se regardant dans les yeux, tous deux prêts à bondir. Alors Dick s’élança ; et, bien que Matcham se fût aussitôt retourné pour fuir, en deux bonds l’autre l’atteignit, arracha le grappin à son étreinte, le jeta rudement à terre, et se tint debout en travers au-dessus de lui, rouge, menaçant, le poing fermé. Matcham restait où il était tombé, la figure dans l’herbe, sans idée de résistance.

Dick banda son arc.

— Je vous apprendrai, dit-il brutalement. Serment ou non, vous pouvez aller vous faire pendre !

Et il se retourna et se mit à courir. Matcham fut aussitôt sur pied et courut après lui.