— J’en ai entendu parler, dit Matcham.

— Comme votre voix tremble ! Qu’est-ce qui vous prend ? dit Dick. C’est une très bonne chance, cette Joanna : cela détourne de nous leur attention.

— Dick, cria Matcham, je suis perdue ; nous sommes perdus tous les deux ! Fuyons, s’il en est encore temps. Ils n’auront pas de cesse qu’ils ne m’aient trouvée. Ou voyez ! Laissez-moi sortir, quand ils m’auront trouvée, vous fuirez. Laissez-moi sortir, Dick… mon bon Dick. Laissez-moi.

Elle tâtonnait pour trouver le verrou, lorsque Dick enfin comprit.

— Par la messe ! s’écria-t-il, vous n’êtes pas Jack, vous êtes Joanna Sedley ; c’est vous qui ne vouliez pas m’épouser.

La jeune fille s’arrêta, sans parole et sans mouvement. Dick aussi se tut un moment, puis il reprit.

— Joanna, vous m’avez sauvé la vie, et j’ai sauvé la vôtre, nous avons vu couler le sang et été amis et ennemis… et j’ai pris ma ceinture pour vous battre ; et tout le temps je croyais que vous étiez un garçon. Mais, à présent, la mort me tient et mon temps est fini, et, avant de mourir, il faut que je dise ceci : vous êtes la meilleure fille et la plus brave sous le ciel, et, si seulement je pouvais vivre, je vous épouserais avec joie ; et vif ou mort, je vous aime.

Elle ne répondit rien.

— Voyons, dit-il, parlez, Jack. Voyons, soyez une bonne fille et dites que vous m’aimez.

— Mais, Dick, dit-elle, serais-je ici ?