«Comme je vous l'ai deux fois fait remarquer, répondit-il, elles ne sont ni excessives ni déshonorantes; mais en même temps je ne puis vous dissimuler qu'elles sont d'une espèce peu commune. En vérité, le cas est dans l'ensemble si parfaitement en dehors de nos pratiques ordinaires que si j'ai consenti à m'en charger, c'est par égard pour la réputation du gentleman qui me le confiait et, permettez-moi d'ajouter, Mr. Scrymgeour, poussé par l'estime que des rapports, bien fondés, je n'en doute pas, m'ont inspirée pour votre personne.»

Francis le supplia d'être plus explicite.

«Vous ne sauriez croire, dit-il, à quel point ces conditions m'inquiètent.

—Elles sont au nombre de deux, répliqua l'homme de loi, de deux seulement, et vous vous rappellerez que la somme dont il s'agit s'élève à cinq cents livres par an, sans frais; j'avais omis d'ajouter, sans frais.»

L'avoué fixa sur son nouveau client un regard solennel.

«La première, poursuivit-il, est extrêmement simple. Vous vous trouverez à Paris dans l'après-midi du dimanche 15 de ce mois; vous vous présenterez au bureau de location de la Comédie-Française, où vous trouverez un coupon pris en votre nom, qui vous attend. Vous êtes prié de rester assis tout le temps du spectacle à la place retenue; voilà pour la première condition.

—J'aurais certainement préféré que ce fût un jour de semaine, répondit Francis, qui était très religieux, mais après tout, pour une fois....

—Et à Paris, cher monsieur, ajouta l'avoué d'un ton conciliant; je suis moi-même quelque peu timoré, mais dans les circonstances présentes, et à Paris, je n'hésiterais pas un instant.»

Et tous les deux de rire ensemble.

«L'autre condition est plus importante. Il s'agit d'un mariage. Mon client, prenant à votre bonheur un intérêt profond, désire vous guider dans le choix d'une épouse. Il désire vous guider absolument, entendez-le bien.