—Vous avez raison probablement, répondit son frère. Vous fûtes toujours bien plus habile que moi, et d'ailleurs, vous savez ma devise: la famille avant tout.

—Oui, Charlie, répliqua-t-elle en serrant sa main dans les siennes; je connais votre devise, mieux que vous ne la connaissez vous-même. «Et Clara avant la famille!» N'est-ce pas? En vérité, vous êtes le meilleur des frères et je vous aime tendrement.»

Mr. Pendragon se leva, comme s'il eût été un peu confus de ces épanchements fraternels.

«Il vaut mieux que je ne sois pas vu ici, dit-il. Je comprends mon rôle à merveille et j'aurai l'œil sur le chat domestique.

—N'y manquez pas, répondit-elle. C'est un être abject; il pourrait tout perdre.»

Délicatement, elle lui envoya un baiser du bout des doigts; puis le bon Charlie sortit par le boudoir et un petit escalier.

«Harry, dit lady Vandeleur, se tournant vers son page, aussitôt qu'ils furent seuls, j'ai une commission à vous donner ce matin. Mais vous irez en cab; je ne puis admettre que mon secrétaire intime s'expose à prendre des taches de rousseur.»

Elle dit ces derniers mots avec emphase et un regard d'orgueil à demi maternel qui fit éprouver une véritable jouissance au pauvre Harry; il se déclara donc charmé de pouvoir lui être utile.

«C'est encore un de nos grands secrets, reprit-elle finement, et personne n'en doit rien savoir, sauf mon secrétaire et moi. Sir Thomas ferait un esclandre des plus fâcheux; et si vous saviez combien je suis fatiguée de toutes ces scènes! Oh! Harry! Harry! Pouvez-vous m'expliquer ce qui vous rend, vous autres hommes, si violents et si injustes? Non, n'est-ce pas? Vous êtes le seul de votre sexe qui n'entende rien à ces grossièretés; vous êtes si bon, Harry, et si obligeant! Vous, au moins, vous savez être l'ami d'une femme. Et je crois que vous rendez les autres encore plus repoussants, par comparaison.

—C'est vous, dit Harry avec une suave galanterie, qui êtes la bonté même.... Mon cœur en est tout éperdu. Vous me traitez comme....