LE MUSICOPHONE DE CHEVET.

— Gourmande!

— Eh bien! aujourd'hui, c'est très différent… Il y a quelque chose… cette musique grince, les notes ont l'air de s'accrocher… Je vous assure que ce n'est pas comme hier!

— Qu'est-ce que ça fait? on ne s'en aperçoit pas; moi-même, je croyais que c'était une des beautés de la partition; écoutez, pour ne pas applaudir tout haut, on se pâme.

— N'importe, je suis inquiète… M. Sulfatin avait les clichés; qu'en a-t-il pu faire? Il est si distrait depuis quelques jours… Je vais à sa recherche!»

Lorsque les dernières notes de l'ouverture de l'opéra célèbre se furent éteintes sous un formidable roulement d'applaudissements, l'ingénieur, chargé de la partie musicale fit passer au Télé un air de Faust, par une cantatrice célèbre de l'Opéra français de Yokohama. La cantatrice elle-même apparut dans le téléphonoscope, saisie par le cliché, il y a quelque dix ans, à l'époque de ses grands succès, un peu minaudière peut-être en détaillant ses premières notes, mais fort jolie.

CHEZ L'ÉDITEUR DE MUSIQUE.