«Coquine! Gueuse! Ah! ça ne compte pas!.. Tiens! attrape!»

Philox Lorris se précipita sur son collaborateur:

«Sulfatin! que faites-vous? Voyons, Sulfatin, j'en rougis pour vous! C'est une honte!»

Sulfatin s'arrêta brusquement. Ses traits contractés par la fureur se détendirent et il resta tout penaud devant Philox Lorris.

«Un accident, dit-il; je crois que j'ai eu une rage de dents… il faudra que j'aille chez le dentiste.

— Vous ne savez pas ce que vous faites! Vous laissez mes phonogrammes musicaux se détériorer sur votre balcon; et maintenant, vous cassez les appareils… Vous allez bien! Mais il n'est pas question de cela, mon ami; reprenez vos esprits et songeons à notre grande affaire… Où est Adrien La Héronnière?

— Je ne sais pas, balbutia Sulfatin, en passant la main sur son front, je ne l'ai pas vu.

— Mais sa présence est nécessaire, s'écria Philox Lorris, il nous le faut pour la démonstration de l'infaillibilité de notre produit… Est-ce désolant d'être aussi mal secondé que je le suis! Mon fils est un niais sentimental, il n'aura jamais l'étoffe d'un savant passable… je renonce à l'espoir de voir jaillir en lui l'étincelle… Et voilà que vous, Sulfatin, vous que je croyais un second moi-même, vous vous occupez aussi de niaiseries! Voyons, qu'avez-vous fait de La Héronnière? Qu'avez-vous fait de votre ex-malade?

— Je vais voir, je vais m'informer…

— Dépêchez-vous et revenez bien vite avec lui dans mon cabinet… M. Arsène des Marettes nous attend… Vite, voici la partie musicale qui tire à sa fin, je vais dire à Georges d'ajouter quelques morceaux.»