— Malheureuse enfant, mais vous pouviez être foudroyée si votre maison s'était trouvée sur le passage direct du courant fou; ne commettez jamais pareille imprudence! Les accidents aussi sérieux que cette tournade sont rares, mais enfin il faut se tenir constamment sur ses gardes et conserver à notre portée, contre les accidents, petits ou grands, qui se peuvent produire, les préservatifs que la science nous met entre les mains… ou aux pieds, contre les dangers qu'elle a créés!..
Des sons apportés de partout remplirent les maisons.
— Elle eût mieux fait, la science, de ne pas tant multiplier les causes de danger, fit la jeune fille avec une petite moue.
— Je vous avouerai que c'est mon avis! fit Georges Lorris en souriant. Je vois, mademoiselle, que vous commencez à vous rassurer; allez, je vous en prie, prendre vos pantoufles isolatrices.
— Il y a donc encore du danger?
— Non, mais cette bourrasque électrique a jeté partout un tel désordre qu'il peut s'ensuivre quelques petits accidents consécutifs: fils avariés, poches ou dépôts d'électricité laissés par la tournade sur quelques points, se vidant tout à coup, etc… La prudence est indispensable pendant une heure ou deux encore…
— Je cours chercher mes isolatrices!» s'écria la jeune fille.
La jeune fille revint, au bout de deux minutes, chaussée de ses pantoufles protectrices par-dessus ses petits souliers. Son premier regard, en rentrant dans sa chambre, fut pour la plaque du Télé; elle parut surprise d'y revoir encore Georges Lorris.
«Mademoiselle, dit celui-ci, qui comprit son étonnement, je dois vous prévenir que la tournade a quelque peu embrouillé les Télés; au poste central, pendant que l'on recherche les fuites, qu'on rétablit les fils perdus, on a donné à tous les appareils, pendant les travaux, une communication quelconque; ce ne sera pas bien long, tranquillisez-vous… Permettez-moi de me présenter: Georges Lorris, de Paris…, ingénieur comme tout le monde…