La population a le droit de s'enorgueillir d'un Aristide Mary et de tous ceux qui, comme lui, n'ont jamais reculé devant la vérité. Leurs vertus nous ont honorés et leurs sacrifices nous ont élevés. Nous devons leur en être reconnaissants.
Mary a vécu assez longtemps pour suggérer la formation du Comité des Citoyens, lequel était composé de dix-huit membres. Ce fut le dernier acte de Mary dans la politique: nous y voyons la preuve qu'en dépit de ses soixante-dix ans, le sentiment du devoir existait vivace encore chez lui, et qu'il en respectait les dictées, comme il disait souvent, "coûte que coûte".
M. ARISTIDE MARY ET LE COMITE DES CITOYENS
C'est en 1890 que le Comité des Citoyens a été formé, alors qu'un retour au fanatisme exagéré de l'esprit de caste vint alarmer considérablement les Créoles de couleur.
Il ne s'agissait plus de rencontres de rue: nous étions face à face avec l'homme d'État résolu à développer et à établir un système par lequel une portion de la population devait être soumise à la volonté de l'autre.
Il fallait résister à cet état de choses, même sans espoir de réussite.
L'idée de Mary était de donner une forme digne à la résistance, qui devait se manifester par une longue suite de procédures judiciaires.
Le comité se composait comme suit:
| Arthur Estèves, président; |
| C. Antoine, vice-président; |
| Firmin Christophe, secrétaire; |
| G. G. Johnson, sous-secrétaire; |
| Paul Bonseigneur, trésorier. |
| Laurent Auguste, | A. J. Guiranovich, |
| R. L. Desdunes, | L. A. Martinet, |
| Alcée Labat, | L. J. Joubert, |
| Pierre Chevalier, | M. J. Piron, |
| N. E. Mansion, | Eugène Luscy, |
| A. B. Kennedy, | E. A. Williams. |
| R. B. Baquié, |