ADIEUX

Objet chéri, pourquoi de ma tendresse,
Avoir si tôt suspendu les transports?
Te souviens-tu des jours où ton ivresse
Me promettait un bonheur sans remords?
Adieu, pardonne à mon âme attendrie
De ne pouvoir se détacher de toi;
Je vais payer aujourd'hui de ma vie
Le temps heureux où je reçus ta foi.

Adieu! de la voûte céleste,
Je veillerai sur ton destin;
Là finira le sort funeste
Qui de mes jours approche ici la fin.

Quand, tourmenté d'une peine secrète,
Ton faible cœur connaîtra la douleur,
Viens prier Dieu sur ma tombe discrète,
Soudain pour toi renaîtra le bonheur.
Et, l'Eternel exauçant ta prière,
En souvenir de nos amours passés,
Pose une fleur au marbre tumulaire
Qui couvrira mes restes desséchés.

Adieu! de la voûte céleste,
Je veillerai sur ton destin;
Là, finira le sort funeste,
Qui de mes jours approche ici la fin.

———

NELSON DESBROSSES

———

LE RETOUR
AU VILLAGE AUX PERLES[1].

———