Plus tard, il a vu poindre la lumière de la liberté, et cette transition a fait naître chez lui le désir de faire bénéficier les siens de l'expérience de sa vie. Il l'a fait, et la population créole lui doit pour cela une place parmi ses immortels.

Les hommes de son époque l'ont honoré de leur confiance; il a justifié cette confiance dans la limite de ses moyens.

La tombe ne doit pas faire oublier son mérite: c'est pour cela que nous avons entrepris de signaler son caractère et ses œuvres. Il y a peut-être dans la population des hommes plus remarquables que M. Paul Trévigne, mais sa position unique le recommande, lui, à une distinction qui ne peut être accordée à aucun autre de ses compatriotes. La vérité de l'histoire est la mère nourricière de la justice.

ADOLPHE DUHART

À la suite des hommes de 1844, il a existé à la Nouvelle-Orléans un grand nombre de Créoles remarquables. Mais la situation ayant changé de face, ces différents esprits ont dû suivre des routes diverses.

En première ligne nous citerons Adolphe Duhart, poète, auteur d'un drame intitulé Lellia, qu'il a mis sur la scène au Théâtre d'Orléans, vers l'année 1867.

M. Duhart a reçu son éducation dans les écoles de France. Il est devenu le successeur de M. Questy, comme principal à l'École des Orphelins Indigents.

Il est mort il y a environ deux ans.

Duhart a composé de beaux vers qui lui ont valu d'être regardé dans la population comme un des "favoris des dieux".

Son frère, Armand Duhart, a laissé de bons souvenirs comme homme de lettres et comme un des plus habiles typographes de son temps. Armand Duhart a quitté ce monde en 1905, laissant derrière lui le nom d'un homme d'honneur et de bien. Il était un des directeurs de l'Institution Bernard Couvent et membre de l'Union Louisianaise, fondée en 1884, dans le but de venir en aide à l'Institution Couvent et de contribuer généralement au progrès intellectuel et moral de la population.