"Madame Lamotte est née à la Nouvelle-Orléans, mais elle avait été élevée en France, où la plus grande partie de son existence s'était écoulée. Elle avait été appelée à la Nouvelle-Orléans par ses intérêts, et c'est en y consacrant tous ses soins qu'elle a succombé à l'épuisement de ses forces.
"Madame Lamotte avait eu à Paris la direction d'une maison d'éducation de jeunes filles, et avait fondé dans la grande Capitale une Revue qu'elle rédigeait avec talent.
"Le Gouvernement reconnut son mérite, et la décora des Palmes Académiques.
"Jamais, dans ses causeries toujours intéressantes, ne faisait-elle étalage de son savoir de son érudition, trop humble, trop modeste était-elle pour cela: jamais non plus, n'y manquait-elle de bienveillance.
"Son très ardent désir était de retourner en France, d'y aller reprendre ses relations trop longtemps interrompues, de se rapprocher enfin du seul être cher qui lui restât, une fille. Elle est morte en plein rêve; et bien doux aura été son réveil dans le Grand Au-delà, si le juste y reçoit sa récompense."
VIRGINIE GIRODEAU
On a beaucoup parlé de Virginie Girodeau, mais il nous manque des renseignements précis à l'égard de cette femme.
Tout ce que nous apprenons, c'est qu'elle a joué sur la scène théâtrale à l'époque d'Armand Lanusse et Edmond Orso, et qu'elle excellait dans la tragédie.
Nous ne savons rien de son enfance, comment elle a été instruite dans sa jeunesse.
L'on prétend que Melle Virginie s'est perfectionnée dans son art sous la direction de M. Perennès, célèbre professeur français du siècle passé.