C'est grâce à la sollicitude inépuisable de ce prêtre, à son ministère désintéressé, que Mme Couvent fut enfin connue, que son legs fut recouvré et affecté à sa première destination.

Il est juste de mentionner ces faits, non seulement pour l'histoire, mais encore pour payer un tribut de reconnaissance à la bienveillance, à la charité de ce saint homme qui fait tant honneur à l'Eglise catholique.

Sans le secours de ce serviteur de Dieu, la population serait restée dans une ignorance complète à l'égard de Mme Couvent, de ce qu'elle était, de ce qu'elle avait fait et de la manière qu'elle avait vécu. L'existence de Mme Couvent a valu à la population une longue suite de secours intellectuels et moraux qui lui ont été prodigués, plus tard, sous la direction de maîtres consciencieux.

Nous ne dirons pas que les écrivains du temps de Mme Couvent l'ont méconnue. À l'époque, il n'était pas facile d'obtenir l'impression des manuscrits; comme pareille chose devait se faire au moyen de contributions, il peut bien être arrivé à nos compatriotes d'avoir oublié cette femme de bien, comme ç'a été le cas pour d'autres.

Les choses se passaient en petit comité. Les gens de la même vocation ou de la même inclination se réunissaient en cercle privé, où les goûts de ce milieu particulier étaient seuls considérés.

Parmi les élèves qui sont sortis de l'Institution des Orphelins Indigents, l'on peut citer des écrivains, des poètes, des artistes, tous des gens d'une conduite exemplaire et d'un mérite appréciable, souvent supérieur.

On dit qu'il faut toujours remonter à la source des choses.

Conformément à ce principe, tout ce que la population créole a tiré de bien de l'École des Orphelins, elle le doit donc à la générosité de cette femme africaine: Veuve Bernard Couvent.

Avant elle, il existait des écoles dans notre ville, mais la classe pauvre ne pouvait les fréquenter.

À l'Institution fondée par les généreuses dispositions de Mme Couvent, les enfants étaient instruits à un prix très réduit; les orphelins l'étaient gratuitement.