Cathédrale………. 5 livres 3 sols.
Ste-Madeleine……. 2 — 18 —
St-Pierre-le-Jeune.. „ — 11 —
St-Pierre-le-Vieux.. „ — 7 —
St-Jean…………. „ — 2 —
Citadelle……….. „ — 1 —

[Note 182: Strassb. Zeitung, 21 décembre 1791.]

[Note 183: Cette réorganisation des services religieux est datée du 23 décembre. Le sermon allemand était prêché à la Cathédrale de 10-11 heures du matin, le sermon français de 2-3 heures de l'après-midi.]

Pour qui connaît l'esprit inné de charité des Strasbourgeois de tous les cultes, un pareil chiffre est assurément caractéristique et prouve le manque à peu près complet d'adhérents du culte constitutionnel dans notre ville[184].

[Note 184: Affiches, 5 novembre 1791. Cherchant un point de comparaison, nous avons constaté qu'en 1790 la quête avait encore produit 49 livres.]

C'était donc avec des sentiments de haine réciproque, sous l'influence d'un sourd malaise, qu'on quittait cette année „s'échappant à l'horizon, enveloppée dans les voiles flottants du pâle crépuscule, tandis que le bruit de ses pas se perd au firmament assombri”[185]. Elle avait vu s'évanouir déjà tant de belles espérances, tant de rêves généreux, mais nul plus beau ni plus tristement démenti que le rêve d'une paix religieuse universelle fondée sur la tolérance fraternelle de tous. Bien peu d'entre ceux qui saluaient parmi nous l'année nouvelle de leurs élucubrations lyriques[186] se doutaient assurément de ce qu'elle leur apportait dans son sein, de tristesses et de maux; mais c'était un esprit de combat qui les animait bien plutôt qu'un esprit de paix, du moins sur le terrain religieux. Et cependant gouvernants et gouvernés auraient pu faire également leur profit de ce qu'écrivait, quelques semaines auparavant, le sagace correspondant colmarien d'un des journaux modérés de Strasbourg: „Neuf dixièmes des catholiques de notre district—il aurait pu dire aussi de l'Alsace entière—sont non-conformistes. On ne saurait le répéter assez, ni trop haut, que les remèdes héroïques ne servent absolument à rien dans des maladies aussi graves. Puisque la Constitution nous promet une tolérance absolue, il faudrait que l'administration évitât jusqu'à l'ombre de toute persécution. Nous ne saurions nous cacher que nos agissements ecclésiastiques n'aient causé de nombreuses défections parmi les amis de la Constitution. Il n'y a qu'un moyen de réparer les tristes suites de cette désertion fâcheuse, c'est de toujours se conduire en sorte que tous soient obligés de renoncer à l'erreur funeste qu'on veut les persécuter”[187].

[Note 185: Cette citation est empruntée à une très belle pièce de vers du Pol. Lit. Kurier, 31 décembre 1791.]

[Note 186: Neujahrswunsch eines Nachtwœchters, Gesch. der geg. Zeit, 30 décembre 1791, etc.]

[Note 187: Pol. Lit. Kurier, 15 novembre 1791.]

Sages paroles, mais plus inutiles encore, car dans les époques de crise, ce ne sont pas les modérés, mais les violents qui dominent, et dans le double courant, qui va se choquer en sens contraire, nous verrons sombrer à la fois l'Eglise et la liberté.