[Note 268: Proclamation des commissaires, 21 août 1792. Strasb., Levrault, fol. Parmi les nouveaux venus nous trouvons encore un vicaire épiscopal, Dorsch, le citoyen Engel, „ministre français du culte luthérien”, puis les premiers hommes de la Terreur, Monet, Bentabole, etc.]
[Note 269: Les commissaires de l'Assemblée Nationale lui demandèrent seulement, par lettre du 22 août, que la place du Broglie fût appelée promenade de l'Egalité et le Contades promenade de la Liberté, ce qui fut immédiatement décrété. (Strassb. Zeitung, 23 août 1792.)]
[Note 270: Strassb. Zeitung, 24 août 1792.]
La régénération, comme on disait alors, des autres corps constitués du département devait suivre naturellement; nous n'avons à nous en occuper ici que pour montrer, par un nouvel exemple, comment le clergé constitutionnel s'engageait de plus en plus dans le parti radical. Le directoire du district de Haguenau „notoirement désigné pour être contraire à la Révolution” et convaincu de „n'avoir point exécuté les lois qui défendent aux prêtres insermentés d'exercer aucunes fonctions publiques” ayant été cassé tout entier, ce fut encore un des vicaires de Brendel, l'ex-chanoine Taffin, de Metz, qui fut nommé président provisoire de l'administration du district[271].
[Note 271: Délibération du Conseil général du Bas-Rhin, du 28 août 1792. Strasb., Levrault, 7 p. 4°.]
L'activité du clergé schismatique est plus visible encore dans les jours suivants, alors qu'il s'agit de procéder dans les assemblées primaires au choix des électeurs qui nommeront à leur tour les députés à la Convention nationale. A Strasbourg, où la lutte fut chaude entre les radicaux et les modérés, les premiers remportèrent la victoire; à côté de quelques noms comme ceux de Thomassin[272], du professeur Oberlin, et autres, figurent ceux de Monet, de Téterel et autres jacobins, et toute une série de prêtres assermentés, à commencer par Brendel lui-même, Taffin, les curés Valentin et Litaize, etc., etc.[273]. Kæmmerer, infatigable la plume à la main, publie un panégyrique spécial du 10 août, La patrie sauvée ou l'Assemblée Nationale dans toute sa grandeur, pour exciter le zèle des citoyens[274]. Schneider, dans son Argos, gourmande les localités où le choix des électeurs s'est porté sur des hommes modérés ou réactionnaires. Il avertit les „démagogues et laquais cléricaux”, qu'il ne leur servira à rien d'envoyer un couple d'imbéciles ou de coquins à Paris, où la majorité sera toujours saine, et s'indigne qu'à Schlettstadt, par exemple, et à Molsheim, on ait jugé bon d'expédier „l'écume de la population” au congrès électoral de Haguenau[275].
[Note 272: Encore Thomassin venait-il de faire paraître un mémoire justificatif. A mes concitoyens (S. l. ni date, 11 p. 4°), où il affirmait ses sentiments „d'adorateur de la liberté”.]
[Note 273: Strassb. Zeitung, 30 août 1792.]
[Note 274: Das gerettete Vaterland oder die Nationalversammlung in ihrer Grœsse dargestellt. Strassb., Stuber, 1792. 16 p. 8°.]
[Note 275: Argos, 31 août 1792.]