Grâce à l'adresse et au bon goût de Folla, la maisonnette prit un air riant, presque coquet.
Le jardin était lilliputien, mais il s'y trouvait un gros figuier et quelques arbustes brûlés du soleil et dépouillés de leurs feuilles.
Folla se promit de soigner tout cela au printemps prochain.
Le logis se composait de quatre pièces exiguës, sauf celle qui servait de cuisine.
Tout fut bientôt en ordre et reluisant de propreté. Comme à Avignon, Marlioux employa chaque jour une heure, pour une modique somme, une vieille femme qui fit le ménage, ou plutôt le plus gros du ménage.
De ce moment, la petite Folla commençait sa triste existence d'enfant abandonnée; nous disons abandonnée, parce qu'elle vivait entre un père d'humeur sombre et changeante, qui ne pouvait comprendre sa nature fine et tendre, et une femme privée de raison; parce que nul ne prenait soin d'elle, et qu'elle n'avait point d'amie.
Aussi les jours lui parurent-ils d'une longueur démesurée, et, au fond de son petit cur désolé, elle regretta la douce vie d'autrefois.
Elle se rendait utile cependant le plus possible, la chère fillette; mais quand elle avait fait le matin sa toilette et celle de sa mère, passé le torchon sur les meubles, rangé les chambres après la vieille Provençale, qui nettoyait tout à la diable, elle ne savait plus que faire.
En attendant le retour de son père, à midi, puis le soir, elle eût désiré raccommoder le linge de la maison; mais elle tenait mal l'aiguille, grâce à sa funeste paresse des temps passés, qui lui faisait trouver ennuyeux le travail manuel comme celui de la plume.
Alors elle tricotait un peu, ou bien elle essayait d'étudier seule, reprenant ses livres de classe; mais là encore elle déplorait sa nonchalance d'autrefois; si elle avait mieux profité des claires explications de sa maîtresse ou exercé sa mémoire, elle aurait pu parvenir à s'instruire à peu près seule, car elle était intelligente; mais impossible!