OU NOUNOU RIT DANS SA BARBE ET OU FAVIER NE RIT PAS.
Lenfant et la bête arrivèrent ainsi jusqu'à la cabane du braconnier; la Moucheronne ne sentait pas la fatigue, elle ne sentait que son courroux.
Au lieu douvrir la porte, craintivement comme à lordinaire de peur dêtre accueillie par une injure ou par des coups, elle entra dun pas ferme, en maîtresse pour ainsi dire.
Son ennemi dormait toujours, couché sur le lit de fougères sèches, et la Moucheronne le contempla, la lèvre relevée par un sourire de mépris, un sourire qui eût fait frissonner Favier sil leût vu.
Elle considéra ce colosse, hideux dans son repos comme dans ses fureurs; cette tête rousse et bestiale dont la bouche largement fendue souvrait, montrant toutes ses dents de carnassier.
"A mon tour, murmura-t-elle très bas."
Du geste elle appela Nounou, et, lui montrant lhomme, ignorant du châtiment qui lattendait:
"Sil bouge, souffla-t-elle, étrangle-le."
Nounou dut comprendre car ses yeux brillèrent, et elle se tint en sentinelle auprès du lit.
La Moucheronne décrocha du mur la lanière de cuir qui avait servi tant de fois à la châtier de fautes quelle navait point commises. Puis, prenant deux fortes cordes jetées dans un coin, elle attacha solidement les deux mains velues de Favier.