Elles prirent le chemin de la cabane incendiée, Manon sappuyant sur le bras de la Moucheronne et sur son bâton, et la louve suivant, la tête basse, la queue serrée.
Le cadavre de Favier exhalant une odeur repoussante, était toujours étendu sur le sol noirci, devant les derniers vestiges de la masure.
A cette vue, Manon se signa, et la Moucheronne, frissonnante, détourna les yeux.
Cependant, elle creusa la fosse avec Manon et elle laida à y placer les restes informes du braconnier. Cétait une rude besogne et elles mirent longtemps à laccomplir.
Lorsque tout fut achevé, Manon sagenouilla et récita une prière pour le misérable désormais hors détat de nuire à qui que ce fût, et la louve hurla lugubrement. Ce fut toute loraison funèbre du bandit.
La Moucheronne était pâle et péniblement impressionnée.
Sa vieille amie voulait larracher bien vite à ce lieu funèbre, mais elle avait une dernière tâche à remplir: fouillant les décombres du bout de son bâton, elle réussit à soulever un petite amas de plâtre et de bois à demi consumé.
"Tiens, dit-elle en désignant à lenfant langle de la cabane, soulève ce carreau et vois, si au-dessous, tu ne trouves pas quelque chose que le feu aura respecté."
La fillette obéit et retira en effet un grossier coffret de fer quelle remit à Manon.
La vieille femme louvrit sans trop de peine.