— C'est pour ne pas oublier le seul idiome que mon professeur ne m'ait pas enseigné. Bah! elle se consolera. Nénette d'Héristel, fille pauvre désormais et destinée, quoique jolie, à coiffer Sainte-Catherine. N'est-ce pas, maman, elle est jolie?

— Qui cela?

— Sainte-Cath… je veux dire, ma cousine Nénette.

— Oui, mais il y a mieux.

— Mieux, bien sûr, sous le rapport de la régularité des traits; et elle n'aura jamais cinq pieds trois pouces, la chérie; mais, je ne connais personne pour rivaliser avec elle du côté charme, grâce espiègle, finesse…

— Voilà que tu deviens lyrique, fit Mme Samozane, sans pouvoir s'empêcher de rire. Ne lui dis pas cela, au moins.

— A Nénette, pas de danger, mère. Vous savez bien que nous sommes tout le temps à nous disputer. Et puis, pour l'instant, les compliments ne tomberaient pas à pic; elle doit être affreuse, la pauvrette.

— Quel tour lui as-tu joué encore?

— Aucun, à part ce que vous savez. Mais elle est en train de pleurer comme une vigne; elle doit avoir les yeux cramoisis, le nez rouge et les joues luisantes.

— Vraiment? En ce cas, il faut que j'aille à elle, dit vivement Mme Samozane qui abandonna son siège et son ouvrage, et se dirigea vers l'appartement de sa nièce.