Moi, je suis à peu près seule… quoique en compagnie de huit personnes au moins, parce que ces personnes me sont encore à peu près inconnues.

Je les ai cueillies à Livron, en me dirigeant vers Marseille.

Le père, je l'avais déjà vu; il est bon et aimable; sa femme est l'indolence même. D'un air mourant, elle m'a souhaité la bienvenue; puis, m'a présenté ses enfants, de beaux bambins aux yeux de gazelle et à la nature de salpêtre, à ce qu'il m'a paru.

L'institutrice, Mlle Gratienne, a la physionomie résignée d'une personne attachée à la famille de ses élèves, mais qui en voit de drôles chaque jour.

Le voyage s'est bien passé jusqu'à Marseille.

Je ne connaissais pas cette ville, qui m'a plu. J'ai trotté dans ses rues et le long de ses ports ensoleillés qui ont des murs ou des pavés trop blancs sous un ciel presque trop bleu.

Car ici, on se croirait encore en été et l'on a très chaud.

J'ai vu la Cannebière grouillante, gaie, pleine de bruit, de travailleurs et de paresseux, de gens qui s'embrassent ou se disputent, au bout de laquelle se dressent les bateaux immobiles.

Le nôtre, dort à la Joliette, paraît-il, nous irons le voir demain.

Comme il me semble que je serai loin, de l'autre côté de cette eau si bleue, mais aux dimensions si grandes!