— Je ne vous dis pas que ce soit un acte chevaleresque, car enfin, vous, homme déjà riche, vous dépouilliez de sa dot une jeune fille…
— N'évoquez pas ces souvenirs, de grâce, vous me torturez… Je suis prêt à…
— Ne soyez prêt à rien du tout, qu'à m'écouter. Donc, vous aviez le droit pour vous, c'était très juste; mais ce dont vous ne vous doutez pas, c'est du bien que vous m'avez fait en m'appauvrissant.
— J'avoue que cela échappe à ma compréhension.
— C'est pourtant facile à saisir: riche, je demeurais nulle et frivole; pauvre, je redeviens sérieuse… à peu près, bien sûr, dans des bornes raisonnables: je me remets au travail, me rends utile et fais enfin une femme et non plus une poupée.
— Ainsi, le voilà le fameux service rendu?
— Mais oui; n'est-ce pas assez?
— J'espérais mieux, soupira le célibataire.
— Eh! tout le monde ne peut pas se vanter de m'avoir fait un pareil don!
— Enfin, vous refusez?