— Oh! j'y ai bien vu et j'ai léché l'enveloppe gommée avant de la jeter à la boîte… Mademoiselle ne doute pas de ma discrétion: je ne sais pas lire l'écriture écrite.

— Dieu a donc décidé lui-même, soupira tante Bertrande, point fâchée au fond de ce qui arrivait.

— Nanie, souffrez que je vous embrasse pour vous féliciter de votre bonne inspiration, s'écria Gui.

Et, sans façon, il effleura de sa moustache les joues ridées mais encore fraîches de la vieille femme ravie.

On la congédia et le cadet des frères Samozane, prenant une attitude théâtrale, la main sur la poitrine, parla en ces termes:

— Mes chers parents, mon frère, ma soeur, puisque tu deviens ma soeur de fait, par le mariage, ma chère Nénette.

Voyez le doigt de Dieu en ce qui nous arrive. Une servante fidèle, instrument de la Providence, a tranché la question sans le savoir.

D'ici peu, M. Garderenne va recevoir l'acceptation de Nénette, et nos aimables fiancés vont voir l'aisance, sinon la richesse couler sous leur toit.

— Sans compter que notre premier enfant est déjà doté, dit ingénument
Odette.

Tu as bien lu la lettre de M. Garderenne, répliqua-t-elle; il dit qu'il sera parrain de notre premier-né et lui donnera environ trois cent mille francs.