— Moi, déclara-t-il très tranquillement, je suis d'avis de laisser
Odette agir à sa guise.

— Toi? s'écrièrent les deux femmes ensemble.

— Mais oui; il est bon qu'elle tâte un peu de la vache enragée; si modeste qu'il soit, notre ordinaire vaut mieux que celui du couvent, et non seulement notre ordinaire, mais notre genre de vie. Odette aime son bien-être, les grasses matinées, son miroir, les jolies robes, le farniente, la musique, les pièces de théâtre et les opéras à sa portée; les promenades dans Paris et bien d'autres choses avec, qu'elle ne trouvera pas au couvent.

— Mais, alors, ce sera un supplice pour la pauvre petite! répliqua Mme
Samozane déjà effrayée.

Robert sourit finement:

— Soyez tranquille, mère; quand Odette en aura assez, elle nous reviendra.

Mme Samozane regarda fixement son fils qu'elle ne comprenait plus.

— Comme tu deviens dur pour elle! murmura-t-elle.

Il sourit encore, mais avec un peu d'amertume:

— Odette nous échappe pour le moment, répondit-il; je veux qu'elle nous revienne d'elle-même, matée, gentille comme auparavant, sans que nous fassions aucune avance pour la ramener à nous.