Celle-ci entra complètement: elle était toute rosée par le froid; ses prunelles brillaient; elle ne semblait pas embarrassée le moins du monde.
— Odette, que signifie?… commença Mme Samozane toujours ahurie.
— On a sans doute donné congé pour les fêtes, fit observer sa soeur; au fait, c'est assez naturel.
Sans répondre, encore cette fois, Odette, qui s'était élancée vers le foyer, tendait ses mains gantées à la flamme.
— Tantes, excusez-moi, je vous embrasserai tout à l'heure; pour le moment, je suis réduite en glaçon, c'est à peine si je peux parler.
Mais le glaçon ne fut pas long à fondre, car la jeune fille s'éloigna bientôt de la cheminée et se jeta au cou de ces dames, puis, esquissa un entrechat de sa façon qui rappelait l'Odette des beaux jours.
— On a bien fait de vous donner congé pour cette belle fête, dit Mme Samozane toute réjouie, elle aussi, et oublieuse déjà des accès d'humeur noire de cette chère pupille si fantasque.
Odette s'arrêta net.
— Congé? Ah! bien oui! Si vous croyez qu'on a eu cette bonne idée! Les pauvrettes! (je parle de mes compagnes), elles sont encore en cage pour la semaine.
— Mais toi, alors?