— Ca va comme sur des roulettes: mes tantes me parlent de malle, c'est donc qu'elles acceptent ma… fugue comme définitive.
— Tu as averti tes maîtresses, en t'en allant? fit observer Mme
Samozane.
— Ah! j'oubliais justement de vous le dire, tantes; je suis une fille pleine d'à-propos.
Une fois hors de la… geôle, et afin que la surveillante de mon dortoir ne pousse pas les hauts cris en trouvant mon lit vide ce soir, j'ai envoyé un petit bleu à Mme la Supérieure pour lui apprendre que la vie de pension ne me convenant pas et me sentant près de tomber malade, je partais sans crier gare et rentrais au sein de ma famille, mon vrai bercail.
— Elle en fera une maladie, la pauvre femme, murmura Mme Samozane, ne sachant si elle devait se fâcher.
— Oh! soyez tranquille, elle sera si bien soignée, répliqua Odette d'un air point du tout repentant.
Puis, soudain, se dirigeant vers la porte:
— Si mon oncle n'est pas encore couché, puis-je aller lui souhaiter le bonsoir?
— Non, c'est-à-dire, oui… Il travaille, mais je ne sais trop comment il te recevra.
— Comme vous m'avez reçue, chères tantes, riposta l'enfant terrible qui avait encore moins peur du tuteur que des tutrices.