— Tu es verte, cousinette. Est-ce que tu te trouves mal? Ah! non, je t'en prie, ne remeurs pas; une fois passe encore, mais deux, c'est ennuyeux; et puis, je ne me sens pas la force de te ramasser, je suis un vrai poulet pour le moment.

Mais la petite nature énergique d'Odette d'Héristel reprit vite le dessus; elle laissa là son bavard de cousin et, les jambes encore flageolantes, elle gagna sa chambre, se jeta su son lit et pleura pendant deux heures consécutives, transperçant de ses larmes plusieurs mouchoirs et son oreiller.

Pendant ce temps, sérieux comme la statue de Napoléon aux Invalides,
Gui allait trouver sa mère.

— Maman, dit-il humblement, je viens de faire une jolie gaffe.

— Parle comme il faut, si tu veux que je te comprenne, répondit Mme
Samozane sans quitter des yeux son ouvrage.

— C'est que, mère, les mots "four, bévue, impair" ne me semblent pas assez forts pour qualifier ma bêtise.

— Grand Dieu! qu'as-tu bien pu faire? s'exclama la pauvre femme qui, cette fois, leva les yeux et, d'ahurissement, laissa tomber son aiguille.

Indolemment, Gui se mit à quatre pattes pour la chercher.

— Qu'est-ce que cette tenue? demanda la mère, quand il eut repris à peu près sa position normale.

— Cette tenue, c'est celle d'un jeune homme chic qui a quêté à un mariage…