Ah! ah! tu as conscience de ta beauté, jaime cela; au moins tu nes pas de ces petites niaises ingénues qui nosent se regarder au miroir.

Il ny en a pas beaucoup comme cela, mon oncle.

Si, mignonne, dans les couvents.

Après tout, fit la jeune fille, samusant à effeuiller les pétales parfumés dun bouquet quelle portait au corsage, ce nest pas nous qui nous donnons notre beauté; pourquoi en serions-nous glorieuses? heureuses, oui, je le comprends, mais fières, cest sot et ridicule.

Simiès continuait à regarder sa nièce en mâchonnant un cigare éteint.

Tu seras un bon parti pour le mari qui te prendra, dit-il
enfin.

Moi, un bon parti, mon oncle?… Dites plutôt que je puis
faire un beau mariage, cela, oui.

Quant à ça, cest sûr, tu épouseras un nabab.

Oh! un nabab, il faudrait donc me marier pour de largent ? une fille comme moi ne fait pas de ces choses viles; lor peut faire le bonheur dune sotte, pas le mien.

Ah! que tu es bien femme avec ta folle imagination! Mais
tu seras riche toi-même.