Mon cher, lui dit le premier, les jeunes filles sont parfois fantasques. Nous avons eu ce matin une petite altercation, ma nièce et moi, elle me garde rancune.
Etait-ce à mon sujet? demanda Mahoni déjà effrayé.
Pas tout à fait, dit M. Simiès avec son aimable sourire. Je suis désolé de vous avoir dérangé inutilement. Revenez donc dans deux jours et je vous promets que votre jolie fiancée ne se fera pas prier pour vous voir. Excusez-la, aujourdhui elle est un peu nerveuse.
LAustralien se retira légèrement dépité, mais confiant encore aux belles promesses de son ami.
Le reste de la journée Gilberte eut de formidables battements de cur: elle sattendait à chaque instant à voir paraître son oncle furieux, comme elle lavait vu le matin.
Il nen fut rien; M. Simiès ne parut pas. Il lui envoya simplement un billet par lequel il la priait de demeurer dans sa chambre jusqu'à ce quelle devînt raisonnable, la prévenant que M. Mahoni se présenterait derechef à la maison le jeudi suivant.
Elle avait donc le temps de réfléchir.
Gilberte tint bon, et, malgré la peine que lui causait moins sa réclusion que la colère de son oncle, elle ne fit point parvenir à celui-ci le oui attendu.
Le jeudi, à deux heures, on entendit le ronflement dune superbe automobile admirée de tout Paris, qui sarrêtait devant la maison de M. Simiès.
Avant que le visiteur fût introduit au salon, le tuteur de
Gilberte entrait chez sa nièce.