Il eut de nombreux entretiens avec son père et sa mère, reçut une forte correspondance sentant le papier timbré dune lieue et finalement, un jour, Gilberte fut appelée à lun de ces conciliabules avec son oncle et sa tante. Albéric nen fut point exclu, mais il semblait mal à laise.

Elle arriva, médiocrement surprise et sattendant à des réprimandes données sous forme de conseils.

Seulement elle se demanda, secrètement irritée, de quel droit
Albéric y assistait.

Ce nétait pourtant point de reproches quil sagissait, quoique Gilberte leût, certes, bien mérité.

Ce fut Mme Daltier qui porta la parole:

Mon enfant, dit-elle dun ton plus doux encore quà lordinaire, nous avons à vous faire part dune chose qui vous sera pénible, très pénible, mais notre devoir est de vous en instruire, quelque dur que cela nous soit.

"Bon! pensa Gilberte, je vois ce que cest, ils vont me chasser de leur maison, eux aussi, seulement ils y mettront des formes."

Albéric vient de terminer un court séjour à Paris, vous le savez, reprit Mme Daltier; or, durant ce séjour il a entendu détranges bruits courir sur…

Sur?… fit Gilberte soudain intéressée et relevant la tête.

Ma pauvre enfant, dit alors M. Daltier, je suis désolé de vous porter ainsi un coup brutal; votre tante saurait vous dire cela avec moins de brusquerie, mais elle ne se sent pas le courage de parler.