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On revient dune messe daction de grâces à Saint-Charles où toute la famille, y compris Gilberte, a fait la communion pour remercier Dieu davoir non seulement guéri le corps, mais encore ramené à lui la brebis égaré.
Après le déjeuner égayé par une douce causerie et de joyeux projets davenir, Gilberte et Albéric sentretiennent dans le petit salon qui a vu les premières joies pures et les premières désolations de la jeune fille.
A quelle époque notre mariage? demande Albéric dont le
visage rayonne dune allégresse sans bornes.
Mais pourquoi pas tout de suite, tout de suite? crie Henri
qui a entendu la question.
Gilberte sourit, puis tout bas et penchant sa tête blonde:
Mon ami, je ne suis pas encore digne de vous, je voudrais faire quelque chose pour vous mériter, pour atteindre à votre hauteur.
Oh! Gilberte, vous êtes meilleure que moi, car vous avez dû lutter, vous, et vous étiez une pauvre brebis jetée dans la gueule du loup, tandis que moi…
Tandis que vous, vous êtes ce que jai connu sur la terre
de plus noble et de plus grand.
Mais vous ne me répondez pas, Gilberte, êtes-vous donc si
peu pressée dêtre à moi?