Alors, quil parte, murmura Gilberte songeuse; mais que ne memmène-t-il avec lui?
Cest un voyage trop fatigant pour une fillette de votre âge, Gilberte, et que feriez-vous là-bas pendant quil serait tout aux affaires? Dailleurs ne craignez pas, il ne sera pas seul: mon frère aîné, qui a en Amérique les mêmes intérêts, doit laccompagner.
Ah! Mais moi, que deviendrai-je pendant ce temps? Mon oncle ne veut jamais que je reste toute seule avec Fräulen qui est nulle et qui na aucun empire sur les domestiques.
M. Simiès désire que vous ne quittiez point Paris. Mais
voilà, la pension vous effraie.
Pour ça oui; quon ne men parle pas. Je nen veux à aucun
prix.
Alors, il ny a dautre moyen que de vous confier à des
amis.
Lesquels? je ne vois pas…
Jai cru que vous en aviez beaucoup.
Oh! de simples connaissances, oui; mais de véritables amis… cest autre chose.
Votre oncle a parlé, je crois, dune famille Lémo.